Sur le chemin de l’éducation bienveillante…

IMG_4118 grisJe reprends un article que j’ai écrit pour mon blog relatif à mes projets d’écriture dont voici le lien :  http://isabelle-le-tarnec.fr/sur-le-chemin-de-leducation-bienveillante/

Me voilà en ballade avec une amie pour faire les soldes et sur le trajet en voiture, elle me confie qu’elle ne supporte plus les comportements de son fils Yanis, âgé de quatre ans.
Avec son accord bien évidemment, je vais vous relater notre conversation, car comme elle me l’a dit ultérieurement, les conseils que je lui ai donnés étaient concrets et simples d’application. Cela peut être des pistes de réflexion, de bons outils pour beaucoup de parents qui s’épuisent face à certaines attitudes de leurs bambins…
Ce jour précisément, mon amie avait besoin d’un regard extérieur, d’une écoute bienveillante et active, de conseils simples et pragmatiques non empreints d’un quelconque jugement…
Pour ce témoignage, j’ai bien évidemment changé le prénom de son loulou afin de conserver son anonymat !
Je donne la parole à mon amie :
« Yanis est insupportable en ce moment ! Il n’écoute rien ! Faut que je lui répète les choses trente-six fois pour qu’il les fasse ! Je n’en peux plus ! Il est toujours en train de titiller sa sœur, de l’embêter et ça finit toujours mal ! Il court partout ! Il me fatigue ! Il m’énerve !
— Son comportement t’épuise, si je comprends bien ?
— Oh oui ! C’est dur de dire ça, mais je ne le supporte plus !
— Comment tu réagis alors ?
— Bah, au bout du compte, je suis toujours en train de crier, sinon il n’écoute rien ! Par exemple, ce matin, il a mis trois heures à se brosser les dents et je me suis absentée même pas une minute de la salle de bain, pour aller éteindre ma cocotte-minute dans la cuisine. Eh bien, il a eu le temps de pincer sa sœur pour la faire pleurer ! Je n’en peux plus !
— Qu’est-ce que tu lui dis alors ?
— Bah qu’il m’énerve et que si ça continue, on va le mettre dans une autre famille ! Je sais bien que je suis fatiguée et stressée en ce moment avec le boulot et mon changement de poste, mais je n’arrive plus à prendre sur moi ! J’ai l’impression qu’il fait exprès de me faire crier ! Je ne sais plus comment réagir ! Tu me conseillerais quoi, toi ?
— Déjà, les vacances de Noël ne sont jamais reposantes, pour les enfants comme pour les adultes ! Tes enfants sont fatigués, c’est sûr ! Comme les miens et du coup, plus excités aussi ! C’est normal ! Après, que tu stresses pour ton nouveau poste, c’est normal aussi ! Quand on est fatigué et/ou stressé, forcément, on démarre davantage au quart de tour et c’est pareil pour tout le monde ! Le parent parfait n’existe pas, l’enfant parfait non plus !
— Ça, c’est sûr !
— Pour le comportement de Yanis, la première chose qui me vient à l’esprit est qu’en effet, Yanis agit de telle façon pour te faire réagir, mais ce qu’il cherche, à mon sens, ce n’est pas de te faire crier…
— Bah, moi, je n’en suis pas si sûre !
— Pour moi, ce que je comprends dans l’attitude de Yanis, c’est qu’il a besoin d’être rassuré sur ton amour pour lui… Lorsque tu lui dis que tu ne le supportes plus et que si ça continue, tu le mets dans une autre famille, cela peut-être angoissant pour lui d’entendre ça…
— Quand je lui dis ça, je veux le faire réagir et qu’il arrête justement de courir partout et qu’il obéisse ! J’en ai marre de lui courir après, pour qu’il mette son manteau par exemple ou qu’il vienne à table !
— J’entends bien, ma belle ! Mais par son comportement, il veut te dire des choses aussi ! Et le fait qu’il soit aussi dispersé en ce moment montre qu’il a certainement besoin d’être rassuré sur ton amour, comme il voit et qu’il entend que tu ne le supportes plus !
— Tu crois ?
— Dans mon travail, j’ai vu des enfants très insécurisés sur le plan affectif. Ces enfants agissaient justement de manière à vérifier, si ce que leurs parents avaient dit, était vrai, du genre : « Je vais te mettre en pension et t’abandonner ! » ou pour un enfant déjà placé : « Je ne viendrai plus te voir ! » Un enfant qui entend ces mots peut alors se sentir angoissé ; des peurs se créent ou se réveillent, comme celle d’être abandonné… Il va alors « tester » l’adulte encore plus pour vérifier, s’il va être véritablement abandonné, si son père ou sa mère va réellement cesser de l’aimer… Pour revenir à Yanis, il te « cherche » comme tu dis, encore plus, car il a besoin de vérifier si vraiment tu vas le mettre dans une autre famille et cesser de l’aimer !
— Mais je lui dis pourtant que je l’aime, encore ce matin, mais… il m’énerve et je lui dis aussi…
— Tu lui dis que tu l’aimes et il a vraiment besoin de l’entendre. C’est important pour un enfant d’entendre des mots d’amour… Quand un parent dit « Je t’aime, MAIS tu m’énerves ! », souvent l’enfant n’entend que la seconde partie de la phrase : la négation annule les mots d’amour en quelque sorte.
— J’ai été élevé comme ça moi… C’est vrai que je comprends ce que tu veux dire !… Je ne le voyais pas comme ça…
— Après, ce que je te conseille et ce qui est pour moi fondamental, c’est que tu fasses bien la distinction entre ce que Yanis « est » et ce que Yanis « fait » ! Ton fils est un enfant pétillant, joyeux, intelligent et il reste un enfant qui apprend, qui grandit ! On ne peut pas lui demander d’être déjà un adulte !
Lorsqu’un parent se fâche après son enfant et lui dit : « T’es méchant ! » L’enfant reçoit « mal » ces mots qui affectent ou touchent son être profond, ce qu’il « est » dans sa construction psychique et identitaire…
Un enfant se construit et il a le droit de faire des « bêtises » ou des maladresses. C’est normal ! Il a besoin de tester le cadre, les règles de vie, pour s’affirmer, pour se confronter aux limites. C’est tout à fait normal ! Cela le rassure de vérifier que les règles de vie demeurent les mêmes et existent pour tout le monde dans la famille ou à l’école par exemple. De plus, il est important que ses émotions soient aussi entendues et qu’il se sente autorisé à les exprimer. Pour cela, ce serait intéressant que tu parles avec lui de ce qu’il ressent en ce moment. Il n’a que quatre ans, mais tu verras, il est tout à fait capable de dire s’il se sent triste, contrarié, vexé, en colère ou encore jaloux…   
— Quand je me fâche comme ce matin, qu’est-ce que je dois dire ? Est-ce que je dois continuer de crier ?
— Déjà, si tu parles doucement, en baissant la voix, tu verras qu’il t’écoutera davantage ! Personne n’aime se faire crier dessus ! Pense aussi à te mettre à son niveau en t’agenouillant et à accrocher son regard. Un petit geste de tendresse comme lui prendre la main ou lui faire une caresse sur l’épaule l’aidera justement à t’écouter et à mieux comprendre ce que tu lui demandes… Lorsque tu te fâches, il est important de montrer à ton fils que tu n’es pas contente, ça c’est évident ! Tu peux lui dire avec fermeté et douceur :
« Je n’aime pas du tout ce que tu as fait ! Tu n’as pas le droit de pincer ou de faire mal à ta sœur ! Et cette règle de vie est la même pour tout le monde ! Il est interdit de taper, de faire du mal aux autres ! Je te répète que je n’aime pas du tout ce que tu viens de faire ! Et je te répète aussi que toi, Yanis, mon fils, je t’aimerai toujours ! Je fais mon travail de maman, car je suis là pour t’aider à bien grandir, en t’expliquant les règles de vie que tu dois apprendre à respecter !»
En lui disant cela, tu signifies à Yanis que c’est bien son comportement que tu n’acceptes pas ou que tu rejettes, et non lui-même dans ce qu’il est !
Comme tous les enfants, il a besoin d’entendre que ton amour pour lui est inconditionnel, indestructible et que tu l’aimeras toute ta vie quoi qu’il fasse… Qu’il restera ton fils… Ces mots d’amour lui donneront une sécurité affective et le rassureront… Sans oublier tous les gestes de tendresse, les câlins, les bisous ! Et surtout dès qu’il fait quelque chose de positif, qu’il a un comportement adapté, il faut que tu le valorises au maximum ! Donne-lui des petites responsabilités, les enfants à cet âge-là adorent ça !
— Je t’avoue que je n’avais pas conscience à quel point les mots que l’on utilise sont importants pour un enfant.
— Un autre petit conseil, ma belle ! Pour un enfant, ce n’est pas la même chose que d’entendre :« Oh ! Tu me fatigues ! Tu m’énerves ! » que « Je me sens fatiguée et énervée ! Je n’aime pas te voir faire du mal à ta sœur ! J’ai peur d’être en retard au travail, mettons vite notre manteau ! Je suis fatiguée de répéter trois fois la même chose. J’ai besoin que tu m’aides à ne pas être en retard ! » Si tu remplaces le « tu » par le « je », tu verras, Yanis entendra mieux les choses ! Je suis sûre que tu vas y arriver !
— J’ai envie d’essayer ! T’as pas un conseil pour que Yanis et sa sœur arrêtent de râler, lorsque je les préviens que c’est l’heure de la douche ?
— Nous, à la maison, on a instauré « la pratique du minuteur »! Chacun leur tour, mes loulous vont chercher le minuteur dans la cuisine. On le règle sur dix minutes en général ! Mes loulous de neuf ans sont autonomes pour le mettre en route ! Ce temps leur permet de se préparer, car un enfant en général déteste être dérangé dans ses activités de jeux, de coloriage, de lecture, surtout après une bonne journée bien remplie à l’école ! En plus, avec mon minuteur, il y a une sonnerie à la moitié du temps ! Souvent je les préviens ! Et ça sonne cinq minutes après ! Cette technique marche bien !
— Pareil ! Je vais essayer ! »
Nous voilà arrivées à notre magasin de chaussures ! Notre priorité maintenant : profiter des soldes !!!

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